Charles Bonaparte : Le film

 

 

Le 8 mai 1769, les troupes du Comte de Vaux ouvrent la route de Corte à Ponte Nuovo. Charles est aux côtés de Paoli avec la garde rapprochée. Laetitia joue aussi son rôle dans la guerre. Téméraire elle a parcouru les champs de bataille même pendant sa grossesse pour secourir les blessés.

La supériorité écrasante des troupes du comte de Vaux, qui comptent parmi les meilleurs d’Europe, face aux paysans de la milice nationale ne laissent aucun doute sur l’issue du combat.

On sent alors que tout est perdu pour la Corse. Pascal Paoli est même abandonné par nombre de ses partisans dans la Casinca et le Nebbiu. 

Pascal Paoli va s’embarquer le 13 juin 1769 à Porto Vecchio sur un vaisseau prêté par les Anglais avec trois cent fidèles. Il fait voile vers l’Italie. Puis son chemin d’exil le conduira à Londres.

Charles Bonaparte n’est pas du voyage :

«  Je dois dire à notre honte que, vers la fin de la lutte, ceux qui avaient le plus bénéficié l’abandonnèrent, mais moi je suis resté fidèle jusqu’au bout…S’il en avait eu besoin, je l’aurais suivi en terre ferme, mais il ne me le permit pas et m’obligea à rentrer à Corte, à prendre ma famille et à la transférer à Ajaccio, me soumettant au joug du vainqueur… »

Après l’entrée de l’armée française à Corte, la situation devient intenable et les Bonaparte se joignent à un groupe de réfugiés qui s’éloignent de la ville par la vallée de la Restonica  en direction du Monte Rotondo… Bien que hors d’atteinte des troupes françaises ils se sentent encore vulnérables. Exténués, ils souffrent de la faim et du froid encore sensible en Corse à cette altitude à l’aube de l’été. On parle de se rendre, ne vaut-il pas mieux accepter la défaite plutôt que de se laisser traquer et massacrer comme des bêtes sauvages ?

Mais Laetitia s’y oppose et un historien rapporte ses propos :

« N’avez-vous pas honte de prononcer des mots aussi lâches et aussi indignes ? »

Laetitia préfère donner naissance à son deuxième enfant là, dans la grotte des réfugiés, plutôt que d’abandonner la lutte.

A Sainte Hélène Napoléon confia dans ses mémoires qu’il avait manqué de peu de venir au monde dans une grotte, et ne tarissait pas d’éloge sur sa mère qui arrive à peine sur ses 20 ans :

« Les pertes, les privations, les fatigues, elle supportait tout, bravait tout. C’était une tête d’homme sur un corps de femme. Une femme des montagnes de Corses ».

Laetitia est écoutée mais un groupe d’officiers arrive, ils agitent des mouchoirs blancs et Laetitia ne peut empêcher le groupe de réfugiés et Charles de les accueillir et d’accepter leur offre. Charles part donc en délégation  à Corte pour entendre les conditions honorables de leur reddition. Le Comte de Vaux les reçoit avec une amabilité empreinte de fermeté :

« La guerre est terminée, la Corse fait partie de la France et son souverain a de l’admiration pour ses habitants qui se sont battus avec tant de ténacité et de courage, mais maintenant toute résistance serait non seulement une folie mais un crime ! »

Charles NAPOLÉON
Les Corses ont ainsi subi une défaite irrémédiable. Charles Bonaparte, avec ses compagnons dans la grotte des réfugiés de la vallée de la Restonica, est soumis au joug des vainqueurs. Il ne lui reste plus qu’à regagner sa maison d’Ajaccio en faisant chemin à travers les montagnes avec Laetitia, leur nouveau né, joseph, et le fils à naître dont elle prédisait qu’il serait leur vengeur…

Charles Bonaparte ne s’est rallié qu’à contrecœur à la domination française. 

« J’ai été bon patriote et Paoliste dans l’âme tant qu’a duré le gouvernement  national ; mais ce gouvernement n’est plus. Notre indépendance perdue nous ne pouvons espérer mieux que de vivre à l’ombre des lys. Nous serons fiers d’appartenir à la première nation du monde»

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