Charles Bonaparte

Admirateur passionné de Voltaire et de l’esprit des lumières de son siècle, promenant ses idées républicaines dans les salons à la mode de Rome et de Paris, en décembre 1765, encore rempli des idées de Montesquieu, Voltaire ou Rousseau, il rejoint le très célèbre Pascal Paoli dans la lutte pour l’indépendance de la Corse et la première République naissante d’Europe.
Pourtant, c’est ce républicain farouche qui donnera naissance à un Empereur, un Roi de Naples, un roi d’Espagne, un Roi de Hollande, un Roi de Westphalie et trois altesses impériales.

C’est l’histoire souvent méconnue d’un jeune avocat, député de la noblesse Corse, qui va devenir l’acteur involontaire de la grande histoire de France.

Charles Bonaparte, père de Napoléon ne s’imagine pas encore sa destinée hors du commun lorsque l’année de ses 18 ans ses oncles lui font épouser la jeune et extrêmement jolie Laetitia Ramolino à peine  âgée de 15 ans. Charles Bonaparte, le chef de famille, dans sa volonté farouche de permettre à ses huit enfants de se hisser toujours plus haut dans l’échelle sociale, n’hésitera pas à s’enflammer tantôt pour la France, tantôt pour la Corse, sans jamais trahir ses convictions. Il sera le seul à ne pas savourer les succès de son entreprise…
Montpellier, 24 février 1785. Charles Bonaparte décède d’un cancer à l’estomac. Napoléon n’a que 16 ans et est encore cadet à l’Ecole Royale militaire, il en est profondément affecté et c’est déjà en chef de famille qu’il écrit à sa mère :

« Il est mort à cent lieues de son pays, dans une contrée étrangère, indifférente à son existence. Eloigné de tout ce qu’il avait de plus précieux. Consolez-vous ma chère mère, les circonstances l’exigent. Nous redoublerons nos soins et notre reconnaissance. Et heureux si nous pouvons par notre obéissance, vous dédommager un peu de l’inestimable perte d’un époux chéri. »

C'est l’histoire étonnante d’un jeune homme du 18ème siècle, issu d’une famille aux revenus agricoles confortables, ambitieux certes mais bon vivant et cédant facilement aux errements d’une jeunesse de cette époque qui voyage beaucoup pour parfaire des études. Ainsi les universités européennes étaient déjà internationales.
Charles fera ses études à Rome et à Pise avant de rejoindre la toute nouvelle université de Corti, créée par celui que tout le monde admire : Pascal Paoli.
Il s’engagera auprès du généralissime avec fougue dans les luttes pour l’indépendance de la Corse jusqu’à saisir l’opportunité de reconnaître l’autorité française.

« J’ai été bon patriote et paoliste dans l’âme tant qu’à duré le Gouvernement  National ; mais ce gouvernement n’est plus. Notre indépendance perdue nous ne pouvons espérer mieux que de vivre à l’ombre des lys. Nous serons fiers d’appartenir à la première nation du monde. »

Avocat au conseil supérieur de la Corse, assesseur de la juridiction royale d’Ajaccio, il œuvre sans relâche pour faire valider la noblesse florentine de sa famille et permettre ainsi à Napoléon d’entrer à L’Ecole Royale.  Elu député de la noblesse corse, c’est à Versailles que le nom des Bonaparte entre pour la première fois et par une petite porte républicaine dans l’histoire.

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